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Réalisé par le centre : Centre Richet d'étude des dysfonctions de l'adaptation Creda 45 rue des Saints Pères 75270 Paris Cedex 06 Téléphone : 01.42.60.37.20 Responsable de la recherche : A. BADOUX (Chercheur CNRS) Ministère de l'éducation nationale Ecole des hautes études en sciences sociales C.N.R.S. URA 220 ses conséquences psycho-pathologiques Trois échelles auto-passées, adaptées ou créées puis validées pour la France nous ont permis d'évaluer la symptomatologie mentale des sujets, leurs réponses aux stress ainsi que leur vécu psycho-affectif. Les résultats montrent que 53% des sujets manifestent, en comparaison avec une population témoin, des désordres psychiatriques. La pathologie, bien qu'étant très diversifiée se révèle plus particulièrement sous forme de dépression (58%) et de sensibilité exacerbée dans le champ des relations sociales (56%). L'échelle des stress nous a permis de mettre en évidence chez ces sujets un nombre de stress plus élevés et vécus avec une plus grande intensité que celui rapporté par le groupe témoin. Quant aux scores de l'échelles de « bien-être », ils traduisent une détérioration notable de la qualité de vie. © Copyright Société de Presse Médicale, Paris. Centre de Recherche et d'Etude des Dysfonctions de l'Adaptation 45, rue des Ministère de l'Education Nationale Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales C.N.R.S./U.R.A. 220 C'est sur ce mot d'Isolement qu'une première approche au centre est possible, permettant ainsi à ceux qui le vivent de dire ce qu'ils sont sans avoir à dire qui ils sont. Le plus souvent en effet, les (futurs) patients qui s'adressent au centre ont commencé par refuser toute consultation médicale, psychiatrique ; ils ne sont pas « malades », mais ils se sentent seuls... et ils viennent au centre, dont ils ont gardé les coordonnées vues dans la presse ou dont ils ont entendu parler par d'autres. C'est ainsi qu'à leur écoute, se révèle pour certains un isolement radical, une absence quasi complète de relations familiales, sociales, un rythme de vie juste ponctué par des communications « nécessaires » : pour les courses, les trajets, les échanges professionnels a minima, car beaucoup travaillent. Ce mode de vie a pu durer un temps relativement long avant que quelque chose soit venu déranger suffisamment cet « ordre », souvent lui, obtenu, à grand peine pour éviter au maximum la souffrance. Dans cet « équilibre » précaire, le trait fondamental est l'isolement avec un retrait de la vie, des autres, de la société, où les liens sont réduits à leur plus stricte nécessité. A travers leur discours, on peut sentir plus ou moins enfouie une colère, une rage, voire une haine, tantôt difficilement contenue, tantôt faisant l'objet d'un contrôle quasi permanent. Que peut-on faire ou proposer en présence de telles personnes ? L'attitude psychiatrique les ferait fuir ; une prise en charge thérapeutique classique semble peu opérante, ou insuffisante. La sensibilité à l'intrusion est grande, mais il y a lieu de distinguer plusieurs éventualités : - il y a des patients qui ont eu déjà recours à la psychiatrie : traitements, hospitalisation, et qui tentent de se faire reconnaître dans un lieu non médicalisé ; - d'autres sont en situation de crise : chômage, rupture, deuil, séparation, accident ; - d'autres viennent sans trop savoir et sans trop pouvoir dire pourquoi, et le thérapeute peut percevoir une intense souffrance derrière un contenu très factuel et fonctionnel durant les entretiens. Ils parlent peu, dépassent difficilement le jeu des questions et des réponses. Toutefois, ces patients viennent et reviennent ; au fil du travail qu'ils effectuent, ils changent ... des liens apparaissent, même si ses fils tissés semblent bien fragiles. |